Enquête : les emplois les plus difficiles à pourvoir au Canada en 2019

Nous continuons d’être dans un marché de chercheurs d’emploi au Canada et les employeurs éprouvent de la difficulté à combler des postes, puisque plusieurs emplois restent vacants pendant plus de 60 jours. L’équipe d’analyse des données d’Indeed s’est penchée de plus près sur les types de postes qui sont plus susceptibles de ne pas être comblés pendant deux mois ou plus au pays, en analysant les offres d’emploi au cours de la première moitié de 2019 dans différentes régions.

Pour avoir une autre perspective, nous avons demandé à Brendon Bernard, économiste chez Indeed, de partager son opinion sur les marchés de l’emploi régionaux et les emplois difficiles à pourvoir.

La technologie n’est pas le seul souci dans l’Ouest canadien 

Des rôles spécialisés en ingénierie dans des secteurs très différents, comme gestionnaire en génie logiciel (no 1) et ingénieur géotechnicien principal (no 2), un expert sur les sols, en plus d’associé immobilier (no 3), sont les emplois les plus difficiles à combler avec 57 % des postes restant vacants pendant 60 jours ou plus. Complétant le top 5 dans l’Ouest canadien, nous trouvons gestionnaire des programmes techniques (no 4), un rôle qui requiert aussi des connaissances en codage, et psychiatre (no 5), tous deux ayant des difficultés à combler 55 % de leurs postes. Ce dernier sur la liste n’est pas si surprenant puis l’accès à des soins de santé mentale et une pénurie de psychiatres, surtout en Colombie-Britannique, sont des thèmes récemment débattus dans les médias*.

Selon M. Bernard, les rôles en technologie se distinguent comme étant difficiles à pourvoir. « L’emploi dans le secteur est en croissance rapide, mais la concurrence féroce entre les employeurs pour les talents rend cela difficile de combler des rôles individuels. Il est vrai que le secteur d’extraction de ressources dans l’ouest du Canada fait face à des difficultés, mais il est encore difficile de trouver des ingénieurs géotechniciens, suggérant qu’il a des perspectives d’emploi mais elles exigent souvent des compétences spécialisées. »

Bernard explique également que le cas de l’Ouest canadien souligne comment les conditions du marché de l’emploi varient d’une province à l’autre. La Colombie-Britannique a fait de grands progrès dans les dernières années, alors que les conditions en Alberta restent plus faibles qu’elles ne l’étaient avant la chute des prix du pétrole.

Des ingénieurs hautement spécialisés sont aussi difficiles à trouver en Ontario  

Ingénieur principal d’essais (no 1), une profession en technologie qui évalue les produits, s’avère être le poste le plus difficile à pourvoir en talents, puisque 58 % des postes restent affichés plus de 60 jours. La province la plus densément peuplée au Canada a aussi des difficultés à trouver des ingénieurs miniers principaux, puisqu’ingénieur géotechnicien principal arrive deuxième sur la liste avec 55 % des postes offerts restant non comblés longtemps. Cependant, ingénieur solutions, qui est plus un rôle de leadership interagissant avec le support technique et les ventes, arrive en troisième avec 45 %.

Les spécialités dans le secteur des soins de santé peuvent aussi être un casse-tête, avec infirmier spécialisé en thérapie intraveineuse, qui se spécialise dans l’administration de médicaments et de fluides, arrive en quatrième (45 %). L’an dernier, cette profession était dans le top 10 national* des rôles en soins de santé difficiles à pourvoir. Concepteur civil, un rôle qui s’occupe d’infrastructures municipales, complète la liste avec le même pourcentage.

Bernard explique que le marché de l’emploi en Ontario affiche des forces et des faiblesses. D’un côté, il y a une croissance prononcée dans des secteurs plus payants, la technologie se distinguant particulièrement. En revanche, les conditions ne sont pas fantastiques pour les personnes n’ayant pas d’éducation postsecondaire.

Le Québec a l’un des taux de chômage les plus bas, alors les talents sont rares  

En septembre, le Québec et la Colombie-Britannique avaient le taux de chômage le plus bas au Canada, ce qui représentera un plus grand défi pour combler beaucoup d’offres d’emploi différentes, comme l’explique M. Bernard. Statistique Canada a découvert que le Québec a la plus grande part de postes à combler restant vacants pendant plus de 60 jours lors de la deuxième moitié de 2019, suggérant des difficultés d’embauche pour plusieurs rôles puisqu’une plus grande part de la main d’œuvre a déjà un emploi.

En conséquence de la demande et de la concurrence accrue, la technologie est encore une fois bien représentée dans la liste régionale, avec développeur de logiciel (no 1) ayant 50 % de ses offres d’emplois affichées pendant au moins deux mois, et programmeur (no 4) avec 47 % de ses emplois demeurant non pourvus pendant au moins 60 jours. L’ingénierie est aussi problématique dans la province francophone puisque ingénieur électricien (47 %) et ingénieur en structure (46 %) s’inscrivant en troisième et en cinquième respectivement. Un poste qui ressort des autres régions est opticien, un fournisseurs de lunettes et de lentilles cornéennes, qui en fait est le deuxième rôle le plus difficile à combler dans la province (49 %); cela pourrait, par contre, devenir un défi à l’échelle nationale étant donné que le Gouvernement du Canada s’attend à une pénurie de main d’œuvre pour les opticiens au pays au cours de la prochaine décennie.

Le Canada atlantique est aux prises avec un chômage élevé mais peine tout de même à trouver les bons talents 

Selon Bernard, le taux de chômage dans le Canada atlantique est plus élevé que la moyenne nationale. Il peut être tout de même difficile de trouver des travailleurs pour combler certains rôles particuliers exigeant des compétences précises et plus rares.

Les talents en technologie sont souvent attirés par ces centres technologiques névralgiques dans des grandes villes, ce qui rend la tâche de combler des rôles dans des régions plus petites plus ardue. Ainsi, développeur java principal (50 %) et ingénieur principal en logiciel (41 %) sont en tête et en fin du top 5 dans la région, s’inscrivant aux numéros 1 et 5. Les psychologues (no 2) sont en grande demande dans cette région, avec 48 % des rôles restants vacants longtemps. Toujours dans le secteur de l’emploi, technicien en pharmacie apparaît sur la liste au numéro quatre (41 %) alors qu’opérateur d’équipement arrive juste au-dessus (no 3) avec le même pourcentage.

Nous pouvons constater que des spécialités sont requises dans une variété de secteurs partout au pays. Cela à un effet sur différentes industries et tailles d’entreprises qui ont des difficultés à combler des rôles exigeant des compétences spéciales lorsque c’est un marché de chercheurs d’emploi. Les entreprises plus petites ont aussi à faire face à la concurrence des entreprises plus grandes.

Lorsque votre bassin de candidats qualifiés est petit, que ce soit à cause de compétences particulières nécessaires ou à cause de la concurrence élevée, vous devez pouvoir être vus par le bon candidat au bon moment et utiliser les outils à votre portée. Voici quelques conseils :

 

Méthodologie

Les données représentent des rôles affichés pendant plus de 60 jours au Canada durant la première moitié de 2019, dans l’Ouest canadien, dans le Canada atlantique, au Québec et en Ontario. Bien que des postes peuvent restés affichés pendant plus de 60 jours pour une multitude de raisons, Indeed utilise cette mesure comme représentation des difficultés d’embauche. Dû à des restrictions statistiques, nous ne pouvons pas analyser de manière substantielle le Nord canadien.   

* Article en anglais
**Les titres sont au masculin pour alléger le texte

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