Au Canada, les nouveaux diplômés de l’université finissent par se tailler une place dans le marché du travail, mais ils y mettent plus de temps

Pour certains nouveaux diplômés universitaires, il est plus difficile qu’avant de trouver un emploi à la fin de leur formation.

Points saillants :

  • Pour certains nouveaux diplômés universitaires, il est plus difficile qu’avant de trouver un emploi à la fin de leur formation. Le taux de chômage parmi les diplômés de moins de 25 ans est plus élevé qu’avant la récession de 2008-2009.
  • Sur Indeed, les nouveaux diplômés cliquent davantage que la moyenne des chercheurs d’emploi sur des offres en génie, en technologies et en finance.
  • Les jeunes diplômés qui craignent de ne pas trouver leur place dans le marché du travail ont de quoi se rassurer un peu : les cohortes précédentes s’en tirent plutôt bien, malgré des démarrages relativement lents.

À l’heure de la collation des grades, les jeunes diplômés d’un bout à l’autre du pays s’apprêtent à jeter en l’air leur mortier pour ensuite faire leur entrée dans le marché du travail. Or, nombre d’entre eux devront s’armer de patience : il est plus difficile qu’autrefois de démarrer sa carrière. Les perspectives à long terme sont cependant plus brillantes. Avec le temps, les diplômés universitaires s’en tirent assez bien sur le marché du travail, malgré quelques obstacles comme la faible augmentation des salaires, à laquelle d’autres groupes au pays sont confrontés.

Le taux de chômage est élevé chez les jeunes diplômés

Alors que le taux de chômage au Canada est légèrement plus faible qu’avant la récession de 2008-2009, le taux de chômeurs parmi les diplômés de moins de 25 ans est plus élevé qu’à cette même époque. En 2018, 8,9 % des jeunes diplômés étaient sans emploi, une légère baisse par rapport à 2016, mais une hausse en comparaison avec le taux moyen de 7,8 % enregistré entre 2000 et 2008. Comme l’ensemble de leur génération, ces jeunes sont aux prises avec des difficultés, comme le déclin de la proportion des moins de 25 ans occupant un emploi permanent*.

Au Canada, les nouveaux diplômés de l’université finissent par se tailler une place dans le marché du travail, mais ils y mettent plus de temps

Des perspectives plus encourageantes après 25 ans

S’il est plus difficile qu’avant d’entrer dans le marché du travail à la sortie de l’université, les perspectives s’ouvrent avec les années. En effet, un diplôme universitaire est généralement associé à un salaire considérablement plus élevé. En 2015, un diplômé ontarien de la cohorte de 2010 gagnait considérablement plus qu’un travailleur du même âge moins instruit.

De plus, le taux de chômage chez les diplômés d’un âge plus avancé est faible en comparaison avec les données antérieures. En 2018, le taux de chômage chez les diplômés de 25 à 44 ans était de 4,2 %, soit légèrement plus élevé qu’en 2007-2008[1] , mais inférieur à la moyenne de 4,7 % entre 2000 et 2008.

Cela dit, on constate que les nouveaux diplômés de plus de 25 ans occupent en nombre croissant des postes n’exigeant pas de diplôme universitaire. Si la surqualification est monnaie courante au Canada, la part des diplômés de 25 à 34 ans qui occupent un emploi n’exigeant pas de diplôme universitaire est restée relativement stable entre le début des années 1990 et 2011.

Les emplois à salaire élevé* ont entraîné à la hausse le taux d’emploi des dernières années, au profit des nouveaux diplômés, si l’on en croit les données d’Indeed. En 2018, les diplômés de 22 à 27 ans ont cliqué sur les offres d’emploi en génie, en technologies et en finance dans une proportion de deux fois et demie à trois fois plus élevée que la moyenne des chercheurs d’emploi. Cet intérêt démesuré se traduit sans doute par des salaires élevés, surtout pour les nouveaux diplômés en génie et en technologies, qui trouvent en général un emploi dans leur domaine.

Au Canada, les nouveaux diplômés de l’université finissent par se tailler une place dans le marché du travail, mais ils y mettent plus de temps

Le taux de chômage relativement élevé parmi les diplômés de moins de 25 ans laisse croire que la transition des études au marché du travail n’est pas aussi facile qu’elle l’était dans les années 2000. Et pourtant, les jeunes diplômés qui craignent de ne pas trouver leur place dans le marché du travail ont de quoi se rassurer un peu : les cohortes précédentes s’en tirent plutôt bien, malgré des démarrages relativement lents.

Cela dit, les nouveaux diplômés plus âgés ont leurs propres difficultés, notamment la faible augmentation des salaires* et le coût élevé du logement dans les grandes villes. Mais en matière d’emploi, les diplômés d’un âge un peu plus avancé profitent de la récente remontée de l’emploi au Canada.

Méthodologie

Les taux de chômage selon le niveau d’instruction publiés par Statistique Canada concernent seulement les 25 à 44 ans. Aucune donnée n’est disponible pour les 25 à 34 ans.

Nous analysons le nombre de clics des nouveaux diplômés sur Indeed en isolant les clics des chercheurs d’emploi de 22 à 27 ans titulaires d’un baccalauréat, selon les informations inscrites dans leur CV. Les clics sont comptabilisés en fonction du code de profession à six chiffres associé au poste.

Nous déterminons la popularité relative des emplois auprès des nouveaux diplômés par comparaison avec la moyenne des chercheurs d’emploi en calculant la part de clics sur les offres d’emploi publiées dans Indeed pour chacun de ces deux groupes. Nous divisons ensuite la part des nouveaux diplômés par celle de l’ensemble des chercheurs d’emploi pour obtenir le rapport d’intérêt pour chaque profession et groupe de professions. Plus ce rapport est élevé, plus l’intérêt relatif des nouveaux diplômés est élevé en comparaison avec l’ensemble des chercheurs d’emploi. Cette analyse a uniquement porté sur les professions ayant obtenu au moins 1 000 clics de nouveaux diplômés en 2018.

*Article en anglais

Pour d’autres renseignements provenant de l’équipe d’économistes d’Indeed, visitez le Hiring Lab.

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