Enquête : 60 % des Québécois changeraient d’emploi pour une hausse salariale

Le salaire est une source de motivation majeure pour les chercheurs d’emploi et les travailleurs, en plus d’être une considération importante pour les employeurs. Bien que d’autres facteurs contribuent également à attirer des candidats, la rémunération monétaire pèse lourd dans la balance lorsqu’un chercheur d’emploi considère un poste ou lorsqu’un travailleur décide s’il veut rester au sein d’une entreprise. Par conséquent, la satisfaction sur le plan salarial devrait être d’intérêt particulier pour les employeurs qui veulent attirer et retenir les meilleurs talents.

Indeed a récemment interrogé des salariés au Québec et au Canada pour comprendre leur attitude par rapport aux questions salariales. Une statistique particulièrement éloquente a révélé que 60 % des Québécois (et des Canadiens) considèreraient définitivement (21 %) ou possiblement (39 %) changer d’emplois afin d’obtenir une augmentation de salaire.

Bien que le taux de chômage reste bas au Québec et au Canada, la croissance des salaires n’a pas suivi le rythme et les employeurs sont susceptibles d’avoir à se préparer à avoir des conversations sur la rémunération avec les candidats qu’ils prévoient embaucher et leurs effectifs actuels. Dans un marché favorable aux chercheurs d’emploi, les travailleurs sont dans une meilleure position pour essayer de gagner plus d’argent. Voici d’autres résultats de l’enquête d’Indeed :

Seulement 15 % des Québécois et 13 % des Canadiens sont satisfaits de leur salaire

La majorité des personnes interrogées au Québec et au Canada ne sont pas heureuses avec leur rémunération. Seulement 15 % des travailleurs au Québec disent être satisfaits de leur salaire actuel, bien qu’ils soient légèrement plus nombreux qu’au Canada, où 13 % voyaient leur rémunération d’un œil positif.  Il s’ensuit que 85 % des Québécois aimeraient obtenir une augmentation de salaire pour vivre plus confortablement au Québec. Le montant moyen supplémentaire que les salariés aimeraient gagner par année pour être satisfaits est 8 787 $, une somme considérablement plus basse que la moyenne nationale de 11 430 $; l’écart pourrait être attribué aux variations du coût de la vie dans les différentes provinces.

Ces résultats expliquent pourquoi la plupart (60 %) des travailleurs au pays considèreraient un autre emploi et plus de la moitié (53 %) des salariés au Canada demanderaient définitivement (21 %) ou possiblement (32 %) une augmentation de salaire. En revanche, seulement 38 % des personnes interrogées au Québec demanderaient définitivement (15 %) ou possiblement (23 %) une augmentation.

Les tendances relatives aux hausses de salaire et comment elles influencent les négociations salariales

Lorsqu’on étudie la fréquence des hausses salariales, en moyenne, les personnes interrogées à l’échelle nationale ont reçu une augmentation il y a environ un an et demi (1,53 an au Canada et 1,34 an au Québec). 45 % des salariés au Canada (38 % au Québec) ont reçu une augmentation salariale il y a entre un et deux ans. Cependant, 12 % des Québécois (et 14 % des Canadiens) indiquent n’avoir jamais vu de changement sur leur chèque de paye. Alors, bien que les salaires augmentent, ils ne suivent pas l’économie. On annonce que les employés canadiens devraient voir une augmentation salariale de 2,6 % en 2019. Par contre, notre enquête révèle que les personnes interrogées désiraient en moyenne une augmentation de 6 %.

Différences entre les sexes et les générations par rapport aux demandes d’augmentation  

Les hommes québécois sont plus susceptibles de demander plus d’argent que les femmes; près de deux hommes interrogés sur cinq (39 %) demanderont définitivement une augmentation en 2019, comparativement à un tiers (33 %) des femmes interrogées. L’écart entre les sexes est un peu plus grand au Québec, mais la proportion de Québécois des deux sexes qui chercheront à obtenir un meilleur salaire est beaucoup plus élevée que dans le reste du Canada, où seulement 24 % des hommes et 20 % des femmes demanderont un plus salaire plus intéressant.

Certains groupes générationnels seront plus nombreux à demander une augmentation cette année. Au Québec, 48 % des salariés de la génération Y (les milléniaux âgés de 25 à 34 ans) et de la génération X (âgés de 35 à 44 ans) demanderont une augmentation, comparativement à seulement 24 % de la génération du baby-boom (55 ans et plus). Fait distinctif, au Québec, la même proportion de milléniaux et de travailleurs de la génération X prévoit demander une meilleure rémunération mais, au Canada, le premier groupe est beaucoup plus susceptible (58 %) de demander une augmentation que les autres, alors que le pourcentage de la génération des baby-boomers (51 %) intéressés à une hausse salariale est vraiment plus grand dans le reste du Canada.

Raisons pour demander une augmentation : le coût de la vie est le facteur principal  

Bien que les raisons pour demander une hausse de salaire varient, le coût de la vie est la motivation principale partout, bien qu’un peu moins au Québec (45 %) que dans le reste du Canada (56 %). Il y a aussi une différence entre les sexes au Québec : 40 % des hommes interrogés comparativement à 52 % de femmes mentionnent la hausse du coût de la vie comme raison pour laquelle ils demanderont une augmentation.

Bien qu’au Canada, 53 % des personnes interrogées ont mentionné le mérite comme raison d’une augmentation, seulement 39 % des personnes interrogées venant du Québec ont dit croire avoir mérité un meilleur salaire à cause de leur bon rendement. Une autre raison majeure citée : 21 % des salariés québécois et 34 % des salariés canadiens ont révélé avoir assumé plus de responsabilités sans avoir été récompensés financièrement.

Un peu moins de la moitié des Québécois qui ont répondu à l’enquête (43 %) et plus de la moitié (51 %) des Canadiens ont dit être influencés d’une certaine manière par le salaire annuel de leurs collègues. Plus de Québécois sont inspirés à agir à cause de cette information; 31 % des salariés québécois interrogés (comparativement à 25 % au Canada) disent être motivés à demander une augmentation de salaire lorsqu’ils savent le salaire de leurs collègues puisqu’ils croient qu’ils devraient être mieux payés que ces derniers.

Enfin, un quart (25 %) des salariés canadiens et plus d’un cinquième (21 %) des québécois qui planifient demander une augmentation de salaire en 2019 le feront parce qu’ils pensent qu’un meilleur salaire leur est dû.

Raisons de refus aux demandes salariales : principalement une question de budget  

Le désir d’obtenir plus d’argent n’implique pas nécessairement que la demande sera acceptée. Près de la moitié des Québécois (48 %) ont déclaré que leur demande d’augmentation a été refusée parce qu’il n’y avait pas de budget disponible. Le pourcentage ayant reçu la même raison pour le refus gonfle à 59 % dans le reste du Canada. Fait intéressant, 28 % des Québécois interrogés (et 20 % des Canadiens) disent que le refus n’a été justifié par aucune raison. Près d’un quart (23 %) des travailleurs québécois indiquent que leurs employeurs leur ont dit qu’ils n’avaient pas travaillé assez longtemps pour l’entreprise, une raison beaucoup moins citée dans le reste du pays (10 %).

À noter que 59 % des femmes interrogées du Québec (62 % au Canada) ont dit que la raison qui leur avait été donnée pour justifier le refus de leur demande était le budget, alors que seulement 48 % des hommes interrogés au Québec (55 % au Canada) ont vécu la même expérience. Quelle que soit la raison pourquoi une entreprise refuse une demande salariale, la rémunération est une considération importante pour les employés lorsqu’ils décident de rester à l’emploi d’une entreprise.

Conseils pour mieux discuter de questions salariales

Les conversations entourant la satisfaction salariale et les augmentations de salaire doivent être abordées avec délicatesse. Voici certaines stratégies que vous devriez garder en tête :

  1. Connaissez les taux salariaux moyens. Les chercheurs d’emploi et les travailleurs devraient soulever la question de la rémunération après avoir fait des recherches sur les salaires comparables; les employeurs devraient faire le même exercice. Avoir une connaissance s’appuyant sur des données sur les salaires permet de formuler un meilleur argument relatif à la justification de la demande salariale (ou d’augmentation.
  2. Offres et mettez en valeur vos avantages sociaux et autres. Bien qu’offrir un salaire concurrentiel est idéal, certaines entreprises ont des limites budgétaires qui les empêchent de le faire. Elles peuvent compenser en offrant plus d’avantages sociaux et autres bénéfices et en les soulignant et les mettant en valeur auprès des candidats et des talents à leur emploi. Le salaire est important, mais 49 % des Québécois (et 52 % des Canadiens) renonceraient à une augmentation salariale pour plus de congés et 32 % des Québécois (et 42 % des Canadiens) prendraient un horaire plus souple à la place. Seulement 26 % des Québécois sont intéressés à des avantages sociaux liés aux soins de santé, ce qui est beaucoup plus bas que la moyenne nationale (42 %). Ceci pourrait être attribuable aux différents programmes de soins de santés provinciaux. Par conséquent, il est important de connaître votre marché pour offrir des avantages sociaux pertinents et attirants.
  3. Présentez un parcours clair de croissance et les possibilités d’augmentation salariale. Dans l’éventualité que l’expérience du candidat ne justifie pas un certain salaire ou que le rendement d’un employé ne mérite pas une augmentation, présentez clairement ce que la personne peut faire pour obtenir une promotion et une hausse salariale à l’avenir. Guider les candidats et les employés dans la bonne direction les aidera à comprendre ce qu’ils doivent faire pour obtenir la rémunération désirée et les motivera.

Le salaire est très présent à l’esprit de la plupart des employeurs, des employés et des chercheurs d’emploi, surtout dans une économie saine. Il est important pour les entreprises et les travailleurs de savoir comment aborder ces conversations délicates.  Ainsi, il est essentiel de comprendre les attentes salariales des travailleurs ainsi que les tendances salariales et de récompenser le bon travail même lorsque le budget ne permet pas toujours une rémunération monétaire.

Méthodologie

L’enquête a été effectuée par Censuswide au nom d’Indeed auprès de 250 Québécois ayant un emploi sélectionnés au hasard et 1000 Canadiens ayant un emploi sélectionnés au hasard, entre le 8 et le 16 janvier 2019. La marge d’erreur est de +/- 3,1 %, 19 fois sur 20.

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