ENQUÊTE : 73 % des employeurs ont décidé ne pas rencontrer des candidats qui zappent d’un emploi à l’autre

Nous sommes tous au courant des gens qui sautent ou « zappent » d’un emploi à l’autre, ces personnes qui travaillent brièvement à diverses entreprises plutôt que de rester dans une organisation à long terme. Il y a une certaine stigmatisation associée aux personnes qui ont un historique de zappage professionnel. Souvent, les employeurs perçoivent ce comportement comme une preuve qu’une personne est déloyale, peu fiable et désengagée. En fait, 27 % des employeurs canadiens disent avoir une perception négative de personnes ayant un historique de courts emplois.

Le taux de chômage canadien est à des niveaux historiquement bas, résultant en un grand resserrement du marché de l’emploi. Lorsqu’il s’agit de zappeurs professionnels, une question se pose : les employeurs peuvent-ils se permettre d’ignorer un talent à cause des emplois de courte durée du candidat dans des entreprises précédentes?

Plusieurs travailleurs aujourd’hui perçoivent le zappage professionnel comme une nouvelle réalité. Ce n’est pas inhabituel pour les gens de changer d’emploi, d’entreprise ou même de secteur à multiples reprises au cours de leur carrière.

Alors que des rôles à court-terme deviennent normalisés pour la main d’œuvre d’aujourd’hui, les employeurs ne peuvent plus se permettre d’ignorer des candidats potentiels basé sur le temps passé dans leurs postes antérieurs. Comparativement à la durée de temps en fonction, les compétences, les aptitudes et l’ajout culturel sont tous des meilleurs indicateurs de réussite dans un emploi aujourd’hui.

Il y a une variété de sentiments entourant les sauts d’un emploi à l’autre : certains croient que cela aide leur carrière, alors que d’autres pensent que c’est une embuche lors du processus de recrutement. Indeed a récemment interrogé 1001 employés et chercheurs d’emploi et 201 employeurs pour obtenir une meilleure idée des perceptions et présuppositions sur le zappage professionnel.1 Voici ce que nous avons trouvé :

Comment les employeurs voient-ils le zappage professionnel?

Plus d’un quart des employeurs canadiens déclarent avoir une opinion négative des zappeurs d’emplois. Cependant, 73 % (près des trois quarts) des personnes interrogées ont choisi ne pas rencontrer quelqu’un en entrevue qui avaient eu des emplois à court terme dans des entreprises auparavant. Ce contraste suggère un préjugé inconscient potentiel. De plus, il indique que bien que certains employeurs ne perçoivent pas nécessairement le comportement de sauter d’un emploi à l’autre négativement, comparativement à d’autres candidats, ce serait un facteur qui éliminerait les candidats des rangs.

Les employeurs perçoivent les candidats qui zappent comme des potentiels risques de fuite. Et certains ne veulent pas courir le risque à cause du temps et de l’argent nécessaire pour remplacer les employés. Plus de neuf sur 10 (94 %) des employeurs disent qu’embaucher un zappeur professionnel, qui a ensuite quitté l’entreprise, a eu un effet négatif sur leur entreprise à cause de la hausse des coûts de formation et la baisse de la productivité de l’entreprise.

Comment les employés et les chercheurs d’emploi voient-ils le zappage professionnel? 

L’un des principaux points à retenir de l’étude d’Indeed est que les employés et les chercheurs d’emplois ont une différence d’opinion sur le zappage professionnel, surtout par rapport à ce que cela révèle sur le caractère du candidat.

Bien que 20 % croient avoir perdu des occasions pour lesquelles ils étaient qualifiés à cause de postes à court terme sur leur CV, ils ne croient pas que le zappage professionnel est un indicateur d’un mauvais employé.  Plutôt, ils croient que cela démontre des attributs positifs. Le zappage professionnel leur donne l’occasion de cultiver une plus grande variété d’expérience et les expose à différents milieu de travail et personnes.

Près du quart (24 %) des personnes interrogées ne voient pas le zappage professionnel comme un signe de déloyauté dans le milieu de travail. Plutôt, 59 % des chercheurs d’emploi disent que changer d’emploi fréquemment leur a donné l’occasion d’apprendre de nouvelles compétences. De plus, 54 % des zappeurs professionnel pensaient que des changements d’emploi fréquents soulignaient leur habileté à s’adapter dans un lieu de travail et être à l’aise avec le changement.

L’enquête a aussi démontré un écart par rapport à ce qui constitue du zappage professionnel. Les employeurs interrogés croyaient que les nouveaux employés devraient rester au moins 16 mois dans leur entreprise avant de passer à un autre rôle, alors que les chercheurs d’emploi considéraient que 11 mois était un période de temps acceptable.

Conseils pour retenir les talents

Dans un marché axé sur les candidats, les employeurs devraient chercher des stratégies pour agrandir leur bassin de talents. Plutôt que de rater des candidats qualifiés à cause de leurs brefs emplois, les employeurs pourraient vouloir considérer changer leur point de mire d’embauche sur les compétences et donner la priorité à la rétention des talents.

Souvent, les employés ne tournent pas le dos à l’entreprise mais bondissent, ou zappent vers une meilleure opportunité. Ce faisant, ils acquièrent des aptitudes qui pourraient être bénéfiques pour votre entreprise.

La meilleure façon de cultiver un excellent lieu de travail est d’avoir une solide compréhension de ce qui compte pour le candidat moderne et les raisons pour lesquelles il décide de changer d’entreprise. Dans une autre enquête d’Indeed auprès des chercheurs d’emploi,2 nous avons identifié certaines des meilleures façons de retenir ses employés ainsi qu’attirer un bon bassin de talents.

  1. Offrez un salaire compétitif : 52 % des chercheurs d’emploi disent qu’une rémunération plus élevée est la raison pour laquelle ils cherchent un nouvel emploi. Dans un marché de l’emploi serré, les employés ont des options, alors connaissez les salaires offerts dans votre industrie et votre zone géographique pour vous assurer de rester compétitif.
  2. Focalisez sur la croissance et le développement : 30 % des chercheurs d’emploi disent chercher un nouvel emploi parce qu’il n’y a pas de croissance dans leur entreprise actuelle. Investissez dans vos employés en leur offrant de la formation et des occasions de perfectionnement et donnez-leur un parcours atteignable de progression.

Assurez-vous que les gestionnaires ont des conversations régulières avec les employés au sujet de leurs objectifs et comment ils peuvent avancer dans l’organisation.

  1. Offrez de la souplesse : maintenant, plus que jamais, les candidats cherchent des options de travail souples. En fait, 43 % des chercheurs d’emploi indiquent que des congés souples forment l’un des facteurs les plus importants lorsqu’ils considèrent une nouvelle occasion d’emploi. La meilleure façon de faire ceci est d’offrir des heures souples ou de créer une politique de travail à la maison.
  2. Établissez une culture de soutien : la culture d’entreprise est importante. En effet, 55 % des chercheurs d’emploi disent avoir décidé de ne pas postuler à une entreprise parce qu’ils pensaient de pas s’harmoniser à la culture. De plus, 57 % indiquent que la culture d’inclusion d’une entreprise a une influence considérable sur leur décision d’accepter une offre d’embauche ou non. La meilleure façon de rehausser votre culture est de commencer à partir du haut et d’incorporer des changements aux programmes d’embauche et de gestion de votre entreprise.
  3. Récompensez les employés pour leur bon travail : les employés veulent se sentir valorisés au sein de leur entreprise. Bien que 41 % des chercheurs d’emplois disent que les primes de rendement sont importantes pour eux lorsqu’ils considèrent une nouvelle occasion d’emploi, il y a d’autres façons de reconnaître les meilleurs rendements comme en remettant des prix pour un rendement exceptionnel de manière régulière.

Peu importe ce que les employés pensent du zappage professionnel, vous ne devriez pas éliminer des candidats qualifiés à cause des rôles de courte durée dans des entreprises précédentes. Après tout, si votre entreprise est engagée à développer et à exécuter une stratégie de rétention efficace, même un zappeur professionnel en série pourraient être tenté de resté en place.

1Méthodologie :

Cette enquête a été effectuée par Censuswide au nom d’Indeed auprès de 1001 personnes ayant un emploi et chercheurs d’emploi sélectionnés au hasard et 201 employeurs sélectionnés au hasard au Canada entre le 7 juillet et le 1er août 2018. La marge d’erreur est de +/- 3,1 %, 19 fois sur 20.

2Méthodologie :

Cette recherche a été effectuée par Decipher/FocusVision au nom d’Indeed parmi les 500 chercheurs d’emploi sélectionnés au hasard au Canada entre le 24 août 2018 et le 31 août 2018.