Enquête sur les PME : lever le voile sur les défis qu’elles doivent relever au Canada

Une expression dit : « dans les petits pots, les meilleurs onguents », et la plupart des entreprises les plus reconnues au Canada ont connu des débuts modestes. Par exemple, prenez  Pharmaprix/Shoppers Drug Mart. Cette entreprise, qui n’avait qu’une succursale à Toronto, a fini par devenir la plus grande pharmacie au Canada

Aujourd’hui, les entrepreneurs canadiens qui dirigent des petites et moyennes entreprises (PME) bénéficient d’une économie qui se porte bien et d’un accès à des programmes et à des services gouvernementaux conçus pour soutenir les nouvelles petites entreprises et celles qui grandissent. Toutefois, peu importe si ces commerces transcendent la définition de « petite entreprise », leur contribution à l’économie canadienne n’a rien de petit.

Selon les plus récentes données de Statistique Canada, près de 98 % des employeurs au Canada sont de petites entreprises. Qui plus est, les petites entreprises emploient plus de 8,2 millions de personnes au Canada, soit 70,5 % de la main-d’œuvre du secteur privé.

Bien que leur contribution à l’économie nationale soit énorme, les PME ont leur propre lot de défis, dont un grand nombre concernent le recrutement. Souvent, les propriétaires de petite entreprise occupent de nombreux rôles au sein de leur entreprise puisqu’ils peuvent également être responsables du bureau, du recrutement, etc. Les PME sont également en concurrence avec les grandes entreprises lorsqu’il s’agit d’attirer les meilleurs candidats, et elles peuvent avoir du mal à trouver des employés compétents. Aussi, à mesure que le taux de chômage atteint des creux historiques au Canada, le marché de la main-d’œuvre, qui s’en trouve restreint, offre de meilleures options aux chercheurs d’emploi et accroît d’autant plus la concurrence pour les petites entreprises.

Bien entendu, le recrutement pose des défis pour toutes les entreprises, peu importe la taille, mais certaines de ces difficultés sont propres aux PME. Afin de mieux saisir la portée de ces obstacles et ces désagréments, nous avons effectué une enquête en ligne auprès de 1 000 propriétaires de petites entreprises au Canada choisis au hasard. Jetons un coup d’œil aux résultats :

Parmi les propriétaires de PME, 26 % affirment qu’il est plus difficile de trouver le bon employé aujourd’hui qu’il y a cinq ans

Selon l’enquête, 38 % des propriétaires de petites entreprises ont l’intention d’embaucher de nouveaux employés au cours des 12 prochains mois. Par contre, même si la croissance demeure la principale priorité des propriétaires de PME, bon nombre d’entre eux s’attendent à ce que leurs plans de croissance connaissent des retards.

Plus de la moitié (59 %) des propriétaires de petites entreprises trouvent qu’il est relativement difficile (43 %) ou très difficile (16 %) de trouver l’employé qui convient à leur entreprise. Par ailleurs, 70 % des répondants ont affirmé qu’il n’est pas plus facile de trouver le bon employé aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Pour certains répondants, c’est devenu plus difficile (26 %), tandis que d’autres (44 %) estiment qu’il est pratiquement aussi difficile de trouver des employés qu’il y a cinq ans.

Bien que les propriétaires aient accès à une plus grande variété d’outils de recrutement que jamais, bon nombre d’entre eux ne les utilisent pas à leur plein potentiel ou pas du tout. Par conséquent, seulement 23 % des répondants ont affirmé qu’il est plus facile de trouver le bon employé aujourd’hui qu’il y a cinq ans.

Parmi les propriétaires de PME, 58 % pensent que les professionnels en technologie sont davantage attirés par les grandes entreprises

Même si le travail au sein d’une petite entreprise apporte son lot d’avantages, la plupart des répondants croient qu’au moment de décider, les grandes entreprises l’emportent sur eux pour ce qui est d’attirer des candidats.

Seulement 17 % des répondants croient que les petites entreprises sont plus attrayantes pour les professionnels en technologies, un fait intéressant qui souligne à quel point il est difficile de trouver des employés dans le domaine, malgré l’attrait des entreprises en démarrage. Seulement 16 % des personnes interrogées ont affirmé que les petites entreprises sont plus attrayantes aux yeux des professionnels en marketing alors que 14 % croient qu’elles sont plus invitantes pour les professionnels en ressources humaines. Cette tendance dans les réponses se remarque également dans les autres secteurs, notamment en comptabilité, en finances, en vente, en administration et en service à la clientèle.

En termes simples, les propriétaires de petites entreprises considèrent les grandes entreprises comme leurs plus grands concurrents en ce qui a trait à la recherche de candidats. Après tout, ces dernières ont davantage à offrir quand il est question de salaire, d’avantages sociaux et d’occasions de croissance.

Parmi les propriétaires de PME, 39 % offrent des salaires plus élevés pour rester concurrentiels.

À la lumière de ces faits, comment les propriétaires de petites entreprises tentent-ils de séduire les chercheurs d’emploi? Bon nombre de répondants ont affirmé qu’ils offraient des salaires plus élevés (39 %), des prestations de maladie ou des congés parentaux (26 %), une politique de vacances généreuse (21 %) et des possibilités d’avancement de carrière (25 %).

Bien que ces primes puissent s’avérer efficaces, le principal attrait des petites entreprises réside dans leur taille plus facile à gérer. Celles-ci peuvent offrir aux employés des avantages qui sont moins accessibles au sein d’une grande entreprise.

Une petite entreprise se traduit souvent par un groupe de personnes plus proches. Aussi, au même titre que les propriétaires, les employés peuvent remplir une diversité de rôles. Ainsi, ils ont l’occasion de travailler sur des projets qui pourraient sortir de leur cadre habituel et d’ainsi acquérir un vaste éventail de compétences. La possibilité pour les employés de diversifier leurs connaissances et leurs compétences est un avantage que les employeurs devraient souligner dans leurs offres d’emploi et dans leurs communications avec les candidats potentiels.

Parmi les propriétaires de PME, 59 % estiment qu’il est très difficile ou relativement difficile de trouver le bon employé

Surmonter la concurrence des grandes entreprises n’est pas la seule difficulté à laquelle les petites entreprises sont confrontées. Selon les répondants, trouver des candidats dotés de compétences avancées est également une source d’insatisfaction importante. Ces travailleurs qualifiés sont également ceux dont la perte est la plus coûteuse, car une entreprise pourrait avoir du mal à fonctionner de façon profitable sans ses employés les plus précieux. D’ailleurs, plus il faut de temps pour remplacer cette personne, plus le chiffre d’affaires de l’entreprise en subira les contrecoups.

La caractéristique la plus difficile à trouver est l’aptitude à diriger. En effet, 59 % des répondants affirment que c’est une aptitude très difficile ou relativement difficile à trouver. Au deuxième rang se trouve la pensée critique (56 %), suivie de la résolution de problèmes (53 %).

D’un autre côté, les répondants affirment qu’il n’est pas si difficile de trouver des candidats dotés de compétences en communication (40 %) et en travail d’équipe (43 %). Bien qu’un grand nombre de chercheurs d’emploi craignent souvent de ne pas détenir l’expérience ou la formation exigées, les répondants ont indiqué que la certification ou la scolarité adéquate (39 %) n’était pas si difficile à trouver, tout comme l’expérience de travail pertinente (36 %).

Alors, que faut-il en conclure? Du point de vue d’un chercheur d’emploi, les candidats potentiels qui cherchent du travail au sein d’une petite entreprise doivent souligner leurs compétences « rares » (c’est-à-dire, l’aptitude à diriger, la pensée critique et la résolution de problèmes) afin de se distinguer du lot quand vient le moment de présenter leur candidature ou de passer l’entrevue.

Quant aux employeurs, ils doivent mieux préciser les aptitudes qu’ils recherchent. Si l’aptitude à diriger, la pensée critique et la résolution de problèmes sont les principaux attributs que vous cherchez chez un candidat, indiquez-le clairement dans le titre et la description du poste.

De plus, étant donné l’importance de ces compétences avancées (et difficiles à trouver), les employeurs devraient également envisager d’embaucher à l’extérieur de leur bassin de candidats habituel et se concentrer plutôt sur la recherche de candidats qui possèdent des compétences de base et des aptitudes transférables. Même si ces candidats n’ont pas forcément l’expérience adéquate pour la tâche à remplir, ils possèdent les compétences nécessaires pour s’adapter à leur nouveau rôle et apporter de nouvelles idées.

Parmi les petites entreprises, 52 % se fient au bouche-à-oreille pour trouver de nouveaux employés

Les petites entreprises utilisent divers outils pour mettre la main sur des employés qui possèdent les compétences que vous recherchez.

La façon la plus répandue pour trouver des employés est le bouche-à-oreille. En effet, plus de la moitié (52 %) des répondants indiquent qu’il s’agit de leur principale méthode de recrutement. On retrouve ensuite les annonces sur un site web de recherche d’emploi (40 %) ou dans les réseaux sociaux (36 %). Les techniques d’embauche traditionnelles persistent à certains égards : 20 % des personnes ont affirmé qu’elles publient des annonces dans le journal, et 11 % affichent un avis sur la fenêtre de leur entreprise.

Les méthodes traditionnelles peuvent être utiles, certes, mais elles doivent s’ajouter à d’autres approches de recrutement. L’utilisation stratégique des outils appropriés réduira les difficultés que les propriétaires de petites entreprises éprouvent actuellement lorsqu’ils tentent de trouver le bon employé. En résumé, les employeurs doivent afficher leurs postes à pourvoir dans les endroits où la plupart des gens qui cherchent un emploi se trouvent. Par exemple, la recherche sur cellulaire gagne en popularité auprès des chercheurs d’emploi. Selon les données d’Indeed (partout dans le monde), 70 % des candidatures sont soumises sur Indeed à l’aide d’un cellulaire, et les employeurs qui acceptent de telles candidatures reçoivent jusqu’à huit fois plus de candidats. Par conséquent, omettre d’offrir aux candidats la possibilité de postuler à l’aide de leur cellulaire réduit considérablement le bassin de talents.

Une grande partie de la décision des chercheurs d’emploi découle directement de ce qu’ils trouvent en ligne, ce qui constitue une raison de plus pour aller au-delà des méthodes de recrutement traditionnelles. Selon les données d’Indeed[1], 83 % des gens déclarent que les avis ont une influence sur les endroits où ils postulent, alors que 46 % affirment que la réputation d’une entreprise a d’importantes répercussions sur leur décision d’accepter une offre d’emploi. Cela dit, établir une présence en ligne est essentiel pour attirer des candidats et créer une page d’entreprise afin d’échanger avec des candidats potentiels et renforcer l’image de marque d’entreprise est une des nombreuses façons de faire.

Les propriétaires de petites entreprises sont confrontés à de nombreux défis, qu’il s’agisse de faire concurrence avec les grandes entreprises ou de trouver des employés compétents, en plus de devoir gérer les diverses facettes de l’entreprise. Toutefois, pour bon nombre d’entre eux, ces obstacles représentent un petit prix à payer pour profiter des avantages qu’ils retirent à posséder leur propre entreprise, comme la capacité d’être son propre patron et la fierté de voir sa petite entreprise contribuer à l’économie canadienne.

Les difficultés en matière de recrutement découlent souvent de la progression de l’entreprise et entraîneront donc des défis associés à la croissance. Une des meilleures façons de relever ces défis est de rester au courant des tendances et des outils de recrutement afin de pouvoir trouver le talent qui permettra à l’entreprise d’atteindre de nouveaux sommets.

Méthodologie  

En avril 2018, une enquête en ligne a été effectuée auprès de 1 000 propriétaires de petites entreprises canadiennes choisis au hasard parmi ceux qui font partie du groupe d’experts de Censuswide. La marge d’erreur est de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20. Les données ont été recueillies à partir d’un échantillon de propriétaires d’entreprises au Canada comptant entre 1 et 249 employés.

*Article en anglais
1Redshift Research pour Indeed