Enquête : Plus de la moitié des Canadiens sont susceptibles de demander une augmentation en 2018

La plupart d’entre nous pourraient bénéficier d’un peu plus d’argent, mais demander une augmentation de salaire est une procédure délicate : que vous soyez employé ou chercheur d’emploi, vous voulez être payé équitablement. Et, si vous êtes l’employeur, vous voulez attirer et garder des talents, mais vous n’avez pas des fonds illimités.

Malgré un taux de chômage en baisse record au Canada, les salaires n’ont pas bougé beaucoup*, et il est prévu que la croissance économique ralentira avec la hausse des taux d’intérêt*. Cependant, une nouvelle étude d’Indeed sur les salaires révèle que plus de la moitié (52 %) des travailleurs demanderont certainement (24 %) ou possiblement (28 %) une augmentation en 2018. En fait, en moyenne, les Canadiens disent qu’ils aimeraient gagner 11 882,96 $ de plus par année pour vivre confortablement.

Considérant de telles attentes, les employeurs pourraient avoir à gérer des conversations délicates dans un avenir rapproché. La clé pour les deux côtés est la recherche :

  • Les employés ont besoin de savoir ce qu’ils valent et les employeurs ont besoin de suivre les taux salariaux. Combien des emplois et niveaux d’expérience similaires payent dans différentes entreprises?
  • Tous les employés n’utiliseront pas tous les avantages sociaux, mais des talents pourraient être attirés vers des entreprises qui appuient différents objectifs et étapes de vie.
  • Une culture de travail positive et souple peut vraiment faire la différence.

Faisons une analyse plus approfondie des résultats et ce qu’ils signifient pour les employeurs et les chercheurs d’emploi.

83 % des Canadiens sont insatisfaits avec leurs salaires    

Remarquablement, nous avons découvert que la grande majorité de Canadiens sont généralement insatisfaits de leur rémunération. Moins de deux personnes sur dix (17 %) ont dit être satisfaites, y compris 83 % disant qu’elles aimeraient gagner plus. Étant donné la croissance lente des salaires* il est très possible que cette proportion ne changement pas bientôt.

Concernant la fréquence des augmentations de salaire pour les Canadiens, en moyenne, la plupart des personnes interrogées ont reçu une augmentation de leur entreprise actuelle dans la dernière année. Cependant, 38 % ont reçu une augmentation il y a plus d’un an mais moins de deux ans, et 20 % ont qu’ils n’ont vu aucun changement dans leur salaire.

Nous constatons également des variations régionales. 42 % des Manitobains ont reçu une augmentation au cours de la dernière année. En Ontario, 41 % ont aussi reçu une augmentation l’an dernier. Cependant, 20 % ont aussi déclaré n’avoir eu aucune augmentation jusqu’à maintenant. D’autres groupes ayant signalé aucune augmentation incluent le Québec avec 22 % et l’Alberta à 10 %. La Colombie-Britannique s’est démarquée pour le moins de personnes interrogées n’ayant jamais reçu d’augmentation, soit seulement 18 %.

Bien sûr, l’insatisfaction peut avoir des conséquences négatives pour les employeurs. Plus de la moitié des personnes interrogées (53 %) nous ont dit qu’elles considèreraient changer d’emploi pour faire plus d’argent, et 17 % ont dit qu’elles considèreraient certainement changer d’emploi.

Les milléniaux sont plus susceptibles de demander une augmentation 

À la lumière de cette insatisfaction, il n’est pas surprenant que plus de la moitié (52 %) des personnes interrogées nous aux dit qu’elles allaient certainement (24 %) ou possiblement (28 %) demander plus d’argent en 2018.

Et, à titre d’employeur, vos candidats les plus susceptibles de le faire seront des milléniaux : plus de deux personnes sur dix (33 %) âgées de 25 à 34 ans ont dit qu’ils allaient absolument demander une augmentation, mais seulement 16 % des personnes âgées de 55 ans ou plus planifiaient le faire.

Une raison pour laquelle les milléniaux pourraient être plus susceptibles de demander une augmentation est qu’ils sont en début de carrière, alors ils font moins d’argent que les employés plus âgés.

Cependant, les milléniaux plus âgés se faufilent dans des rôles de leadership et les plus jeunes ne sont pas loin derrière, alors les employeurs devraient penser attentivement sur comment retenir les meilleurs.

Combien les employés pensent-ils mériter?  

Les employeurs, alors, devraient s’attendre à négocier. Peu importe l’âge ou le sexe, ceux qui cherchent une augmentation prévoient demander plus que ce que les conditions économiques actuelles permettent.

Presque la moitié (47 %) des gens interrogés nous ont dit qu’ils demanderaient une augmentation de 6 % à 10 % et la majorité voudra, en moyenne, 7 %. Encore une fois, les milléniaux sont les chefs de file, avec ceux âgés de 25 à 34 ans désirant une augmentation moyenne de 8 %, versus les 45 à 55 ans et ceux âgés de 55 ans ou plus, lesquels prévoient demander 6 % de plus en moyenne.

Ensuite, il y a la distinction féminine : en moyenne, les hommes que nous avons interrogés prévoient demander 8 % et les femmes chercheront à obtenir 7 %. Cet écart est beaucoup moins prononcé qu’aux É.-U., cependant, ou plus de la moitié (54 %) des hommes prévoient demander 6 % à 10 % d’augmentation salariale, comparativement à seulement 41 % des femmes.

58 % des employés citent le coût de la vie pour justifier une augmentation   

Une hausse du coût de la vie est la principale raison pour laquelle les personnes interrogés (58 %) veulent une augmentation. En novembre 2017, le taux d’inflation annuel a atteint 2,1 %*, ce qui veut dire que le salaire moyenne aura beaucoup moins de pouvoir d’achat.

Plusieurs prévoient demander plus d’argent pour la simple raison qu’ils croient le mériter. Juste en deçà de la moitié (49 %) de ceux qui prévoient demander une augmentation affirment avoir un bon rendement et qu’ils devraient être récompensés.

D’autres demanderont une augmentation parce qu’ils sont insatisfaits. Près du tiers des personnes (32 %) qui prévoient demander une augmentation cette année disent avoir pris des responsabilités supplémentaires sans augmentation de salaire, alors que près du quart (22 %) demanderont parce qu’ils croient qu’une augmentation leur est due.

Pourquoi les augmentations de salaire sont-elles refusées?

Parmi ceux qui se sont vu refuser une augmentation salariale, 63 % ont reçu comme réponse que le budget était insuffisant, 15 % ont reçu comme raison qu’ils n’avaient pas travaillé dans l’organisation assez longtemps et 22 % n’ont reçu aucune raison.

Remarquablement, un peu plus de sept femmes sur dix (77 %) qui ont vu leur demande d’augmentation refusée ont eu  comme raison que le budget était insuffisant, comparativement à 54 % des hommes.

77 % des employés intéressés par des avantages sociaux améliorés plutôt qu’une augmentation 

Lorsque les employeurs ne peuvent pas offrir d’augmentations de salaire, il y a d’autres façon de récompenser du bon travail. En fait, près de trois quarts (77 %) des répondants ont indiqué qu’ils seraient ouverts à recevoir de meilleurs avantages sociaux plutôt qu’une augmentation.

En ordre de valeur perçue, 38 % des personnes interrogées étaient intéressés  à des heures de travail plus souples, 43 % étaient intéressées à plus de vacances et 44 % ont exprimé un intérêt pour de meilleurs avantages de soins de santé.

Des divergences ont été notées entre les provinces. Au Québec, 39 % des salariés étaient prêts à accepter plus de vacances plutôt qu’une augmentation de salaire, et en Alberta, 48 % étaient ouverts à améliorer les avantages de soins de santé. Un peu moins de trois Britanno-Colombiens sur cinq (39 %) étaient intéressés à des heures de travail souple.

Cependant, deux personnes sur cinq en Ontario ont dit qu’ils n’étaient pas intéressés à des avantages sociaux au lieu d’argent.

Conclusion : les deux côtés devraient penser au long terme

C’est clair qu’il y a de l’insatisfaction du côté des employés, lorsque seulement trois sur dix (32 %) pensent que les salaires canadiens sont plus bas que la moyenne, et 80 % pensent avoir besoin d’une augmentation salariale pour être plus confortable.

Pour mettre le tout en perspective : dans l’intro, nous avons mentionné qu’en moyenne les Canadiens aimeraient gagner environ 11 882,96 $ de plus par année pour vivre confortablement. Cependant, près d’un quart des Canadiens (23 %) visaient un montant considérablement plus élevé, voulant gagner au moins 16 000 $ de plus.

Les employeurs devraient considérer soigneusement la valeur à long terme de chaque employé et la relation qu’ils veulent bâtir avec eux. Des augmentations plus substantielles pourraient être appropriées pour certains et, pour d’autres, des avantages sociaux pourraient les séduire.

Du côté des employés, ceux-ci doivent bien se préparer en avance de la conversation sur les salaires. Chercher des manières de mesurer et démontrer comment leurs initiatives ont aidé leur employeur et chercher des offres d’emploi sur Indeed.com pour voir comment ils se comparent  à ces descriptions d’emploi et fourchettes de salaire.

Il est aussi bon de garder un journal annuel avec des notes sur vos réussites. Ce serait particulièrement convaincant si vous avez des preuves solides de la valeur que vous apportez, et vous gagnerez du temps lorsque vous planifierez votre discussion.

Finalement, soyez réaliste. Connaissez votre valeur, et si vous demandez plus, soyez préparés à ce que la négociation baisse le montant demandé. Des avantages sociaux bonifiés pourraient être un bon compromis, mais avoir un employeur respectueux peut aussi signifier des occasions à long terme importantes pour votre carrière et votre vie personnelle. Parfois la satisfaction au travail vaut plus que son pesant d’or.

Méthodologie : Cette enquête a été effectué par Censuswide au nom d’Indeed et a interrogé 1000 Canadiens qui ont actuellement un emploi en décembre 2017.